Course folle

A côté de sa Lotus, le regard brûlant malgré la neige, Jean Fonce, célèbre chauffeur de rallye, ne s’explique pas les raisons de sa défaite. « Vu mon nom, c’est une honte de ne pas avoir réussi à rouler à toute vitesse. »
La course ? Elle était tout simplement spectaculaire, avec 105% d’accidents, 39 changements de pneus, deux record du monde de vitesse pulvérisés et une envolée lyrique du vainqueur qui a parlé pendant 48 minutes sans respirer après avoir gaspillé son champagne pour remercier tout ce qui était impliqué dans sa victoire : ses parents, sa femme, sa famille, ses amis, les fans, les sponsors, les techniciens, sa voiture, le goudron de la piste, la peinture des lignes – qui lui a donné quelques frayeurs de dérapage et d’accident, mais aussi plus d’une accélération décisive –, et encore : la qualité de la bière vendue dans les rangs de la tribune, la position de la lune, les ondes positives qui flottaient dans l’air à ce moment là, ainsi que tous les animaux, roches et végétaux qui on toujours été pour lui une source de calme et d’inspiration dans ses moments de doute. ■